A Mayotte aussi, les inégalités hommes-femmes se réduisent

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Les filles de plus en plus nombreuses à l’école et de plus en plus diplômées

Où sont les femmes ? Alors que cette journée leur est consacrée, l’Insee apporte des nouvelles plutôt bonnes, chiffres à l’appui. D’abord, Mayotte est une île bien plus féminine que masculine. Les femmes sont plus nombreuses que les hommes, très exactement 6.300 de plus. Les femmes représentent 52% de la population, un déséquilibre démographique qui s’explique par un nombre plus élevé de femmes parmi les personnes nées à l’étranger (+7.800 femmes) et qui vivent dans le département.

L’autre explication est à trouver dans les départs. Les hommes natifs de Mayotte ont davantage migré vers les autres départements français que les femmes, ce qui accentue encore le déficit masculin. Mais cela concerne essentiellement les moins de 40 ans. En effet, entre 40 et 60 ans, les hommes sont majoritaires avec un déficit de 1.800 femmes.

Davantage diplômées

C’est un héritage de notre histoire, à Mayotte les filles ont toujours été moins nombreuses que les garçons sur les bancs de l’école. Cette situation appartient au passé : elles rattrapent leur retard. À la rentrée 2015, les filles représentent la moitié des élèves de collège et même 60% des effectifs dans les séries générales et technologiques au lycée. Le taux de scolarisation des filles de 18 ans a ainsi progressé de 18 points en 10 ans pour atteindre 72%. Dans le même temps, celui des garçons n’a augmenté que de 4 points (66 %).

50.500 élèves dans le 1er degré
Le taux de scolarisation des filles fait un bond de 18 points en 10 ans à Mayotte

Non seulement les filles comblent leur retard mais elles sont désormais autant diplômées que les garçons. Filles et garçons ont des taux de réussite équivalents au baccalauréat, mais comme elles sont plus nombreuses au lycée, au final 60% des néo-bacheliers sont des bachelières.

Pour autant, en 2012, les femmes ont plus souvent des difficultés à l’écrit en français que les hommes (63% contre 53%). Ce constat est lié à un déficit de scolarisation chez les plus anciennes générations. Car chez les jeunes de 16 à 19 ans, le constat se renverse: les filles ont un peu moins de problèmes à l’écrit que les garçons (40% contre 44%)… C’est mieux mais ce n’est pas encore satisfaisant. L’amélioration de la scolarisation, quel que soit le sexe, «n’a pas encore permis de résorber un illettrisme en langue française encore très présent chez les jeunes de Mayotte», note l’Insee.

L’emploi des femmes en progression

En matière d’emploi aussi, les choses sont en train de changer. Entre 2009 et 2016, la population en emploi à Mayotte augmente de 10.200 personnes et plus des deux tiers d’entre elles sont des femmes (6.900). En 7 ans, l’emploi croît de manière continue pour les femmes, alors qu’il stagne pour les hommes depuis 2014.

Des photos accompagner de messages que ces femmes exemplaires souhaitent faire passer
Une exposition de portraits de femmes actives et engagées à Mayotte en 2015

Aujourd’hui, 29% des femmes ont un emploi, soit six points de plus qu’en 2009. Leur taux d’emploi se rapproche de celui des hommes, stable à 45%, même si l’écart est encore très marqué et reste un peu plus faible qu’à La Réunion et en métropole (respectivement 47% et 48% en 2015).

Chômage et temps partiels subis

Malgré cette amélioration, le chômage reste une réalité pour de nombreuses femmes. En 2016, leur taux de chômage s’établit à 33%, contre 23% pour les hommes, même si là encore, l’écart s’est réduit de moitié depuis 2009. Et les femmes ont encore plus de risque de se trouver au chômage que les hommes à diplôme égal: Parmi les titulaires d’un baccalauréat, le taux de chômage des femmes est de 22% (contre 14 % pour les hommes). Il faut chercher du côté des diplômées de l’enseignement supérieur pour voir cette anomalie se résorber.

Enfin, sachez que les femmes sont davantage contraintes au temps partiel et aux contrats courts. En 2016, à Mayotte, 20% des femmes occupent un emploi travaillent à temps partiel, soit une part plus élevée qu’en métropole (15%). Seuls 4 % des hommes sont dans ce cas, comme dans l’hexagone. Pour plus de huit Mahoraises sur dix travaillant à temps partiel, il s’agit d’un choix contraint, faute d’avoir trouvé un temps plein. Le combat contre les inégalités est loin d’être terminé.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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