Pôle Emploi accusé de provoquer une nouvelle crise des rythmes scolaires

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Désinfection prévue aujourd'hui à la mairie d'Acoua
La mairie d'Acoua
La mairie d’Acoua

La mairie d’Acoua a été la première à tirer la sonnette d’alarme. Les rythmes scolaires vont être suspendus dans les 4 groupes d’écoles de la commune, les trois du village d’Acoua et celui de Mtsangadoua, «à compter de la rentrée du 9 janvier 2017 et jusqu’à nouvel ordre». Après le communiqué de presse de la mairie, les médiateurs et policiers municipaux de la commune sillonnent les quartiers pour prévenir les parents d’élèves.

Contactée par le JDM, la mairie d’Acoua rejette la faute sur Pôle Emploi. C’est en effet cet organisme qui gère les CUI (contrats uniques d’insertion) via son secteur «entreprises», sur un calendrier qui ne correspond pas à celui des communes. «Ces contrats ne sont pas alignés sur l’année scolaire mais sur l’année civile, ce qui est une hérésie», explique Soula Saïd-Souffou, le DGS de la mairie d’Acoua. «La conséquence est que la plupart des contrats sont arrivés à échéance fin décembre mais Pôle Emploi ne pourra notifier l’enveloppe 2017 des contrats aidés de la commune que fin janvier». La commune serait donc privée de ses emplois aidés le temps que Pôle Emploi tranche.

Pourtant, ces CUI sont les maillons essentiels du bon fonctionnement des nouveaux rythmes scolaires. Dans la petite commune du nord, ce sont ainsi une vingtaine d’agents qui s’occupent des enfants, encadrent les collations et proposent des animations à la mi-journée. «Comment voulez-vous qu’on maintienne les rythmes scolaires sans le personnel? Nous sommes obligés de les suspendre», regrette Soula Saïd-Souffou.

Des embauches inenvisageables

La commune n’a en effet pas les moyens d’employer ces 20 agents sans le dispositif d’aides. Avec les CUI, rémunérés au SMIG, les communes versent 5% des salaires, l’Etat se charge de 95% restant. «Compte tenu de nos finances, nous ne pouvions mettre en place ces rythmes, qui nous ont été imposés par la loi, que grâce aux CUI. Il est inenvisageable d’embaucher 20 personnes exclusivement sur les fonds propres de la commune. C’est un équilibre extrêmement précaire qui vient d’être rompu».

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A Acoua, la mairie affirme pourtant que le système fonctionnait plutôt bien. Les écoles n’étant pas en rotation, l’organisation imaginée permettait aux familles de ne pas être bloquées par les nouveaux rythmes de leurs enfants. «Nous alertons les parents parce que nous ne pouvons pas faire autrement. Comment vont faire tous ceux qui travaillent, en particulier à Mamoudzou, pour récupérer leurs enfants? Ils vont devoir s’organiser, avec leur famille ou leurs proches.»

D’autres services impactés

«Nous avons alerté la préfecture, le vice-rectorat, Pôle Emploi… Manifestement, ils ne peuvent pas faire autrement…» constate Soula Saïd-Souffou. Face à ce blocage administratif, les écoles pourraient ne pas être les seuls services de la commune à être impactés. Des agents des espaces verts ou des services techniques sont aussi employés sous ce type de contrat. «Et nous ne sommes probablement pas les seuls à être concernés. Les CUI sont annualisés pour tout le monde et d’autres collectivités que nous vont avoir des difficultés», relève Soula Saïd-Souffou.

«Nos finances sont passées dans le vert. On essaie d’y rester. Si on embauche massivement, les mêmes qui nous encouragent à faire les rythmes scolaires vont nous reprocher de créer des déficits…»

Le mois de janvier promet donc d’être tendu, à Acoua et dans bien d’autres collectivités. La rentrée est prévue lundi prochain, le 9 janvier.

RR
www.lejournaldemayotte.com

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