La fièvre aphteuse ravage Rodrigues et inquiète les îles voisines

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Rodrigue le désastreLa Une de l’hebdomadaire «Kozé Rodriguais» résume parfaitement la situation que connaît l’île, située à l’est de Maurice: «Le désastre», annonce simplement le journal. Selon le périodique, 4.000 bêtes (bœufs, moutons, cabris et porcs) seraient actuellement infectées par la fièvre aphteuse et 2.000 devraient être abattues d’ici ce weekend.

Le premier cas a été officiellement déclaré le 7 juillet et depuis, l’épidémie ne cesse de s’étendre dans les cheptels car la maladie est une des plus contagieuses du monde animal. Elle se transmet en effet par la respiration: l’expiration d’un animal à proximité d’un autre peut suffire à le contaminer.

Chez les bovins, comme son nom l’indique, la fièvre aphteuse provoque une montée de la température, des aphtes à l’intérieur de la bouche avec une production excessive de salive mais aussi des cloques sur les pieds, une perte de poids et une diminution de la production de lait pour les vaches. Si la plupart des animaux guérissent finalement de cette fièvre, la maladie peut aussi provoquer une inflammation cardiaque et provoquer la mort.

L’épidémie ne concerne que les animaux, l’homme est très résistant à la maladie. En revanche, il peut la propager car le virus est aussi véhiculé par la poussière. L’infection touche de nombreux types d’élevages et il peut passer d’une espèce à l’autre. Des analyses sont en cours en France et en Afrique du Sud pour déterminer l’origine de l’épidémie.

Un début d’épidémie mal géré

A Rodrigues, la situation est donc inquiétante d’un point de vue sanitaire, mais elle l’est encore plus au niveau économique. Serge Clair, le chef commissaire de Rodrigues, annonce qu’un budget de l’ordre de 35 millions de roupies mauriciennes (environ 900.000 euros) est prévu pour compenser les pertes des éleveurs. De plus, l’abattage et les vaccins coûtent cher.

Ce sont près de 60.000 vaccins qui doivent en effet arriver à Rodrigues et 10.000 autres ont été commandés pour Maurice, en particulier au Botswana. Tous les animaux à 3 kilomètres des différents foyers infectieux seront vaccinés alors que des zones de quarantaine ont été instaurée dans les élevages touchés.

Rodrigue Le MauricienA Rodrigues comme à Maurice, les polémiques commencent à prendre de l’ampleur. Le démarrage de l’épidémie aurait été très mal géré. Ainsi, après les premiers cas, le ministre de l’agro-industrie de Rodrigues a indiqué que la maladie avait atteint le stade d’épidémie le 19 juillet. Pourtant, un épidémiologiste de la COI (commission de l’océan Indien) n’a été dépêché sur place que le 30 juillet. La situation était déjà très avancée : dès le lendemain, le spécialiste a identifié 31 fermes infectées et a officialisé 92 cas.

Les craintes des îles voisines

L’export de bestiaux depuis Rodrigues est évidemment interdit. Pourtant, une cargaison est tout de même parvenue à accoster le 1er août à Port-Louis à Maurice : les bêtes ont été immédiatement dirigées vers un centre de quarantaine.

À la Réunion, la préfecture a tenu à mettre en garde contre les risques de propagation. «Cette maladie peut être transmise par les animaux vivants, les denrées animales ou d’origine animale ainsi que par tout matériel contaminé. L’introduction de cette maladie à La Réunion menacerait la pérennité des filières d’élevage et entraînerait de graves conséquences, tant économiques que sanitaires», a indiqué la préfecture réunionnaise dans un communiqué.

Elle a donc rappelé qu’il est interdit d’importer toute denrée d’origine animale issue de pays tiers à l’Union Européenne (hors produits de la pêche). L’introduction des animaux vivants en provenance de ces zones est soumise à un contrôle vétérinaire strict et préalable à l’entrée sur le territoire. Les risques pour les contrevenants sont importants: 2 ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende. Ces peines peuvent être portées à 10 ans d’emprisonnement et 300.000 euros d’amende en cas de propagation volontaire de la maladie.

A Rodrigues, l’ampleur de l’épidémie est telle que le ministre mauricien de l’agro-industrie a indiquait qu’il faudra sans doute près de trois ans pour en venir à bout.

RR
www.lejournademayotte.com

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