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samedi 1 octobre 2022
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Le grand déballage du patron des gendarmes de l’Outre-mer

Le général Soubelet lors de son passage dans l'océan Indien
Le général Soubelet lors de son passage dans l’océan Indien

Nous avons déjà eu l’occasion de le souligner : le général Soubelet, patron de la gendarmerie Outre-mer, n’a pas sa langue dans sa poche. Il le démontre une nouvelle fois et de quelle façon! Il sort un livre ce jeudi intitulé «Tout ce qu’il ne faut pas dire». Avec cet ouvrage, Bertrand Soubelet veut faire «sauter le verrou» qui interdit aux militaires de s’exprimer. Ce livre, il le présente comme «une contribution citoyenne sans aucun esprit partisan». Il s’agit pourtant d’une charge contre le gouvernement.

L’ancien numéro 3 de la gendarmerie revient d’abord sur son audition, le 18 décembre 2013, par la commission de «lutte contre l’insécurité» à l’Assemblée nationale. Ce jour-là, il était alors le directeur des opérations et de l’emploi à la direction générale de la gendarmerie (DGGN). Il était sorti de l’anonymat en exprimant ses réserves sur la politique pénale face aux délinquants, relevant notamment que, «dans les Bouches-du-Rhône en novembre 2013, 65% des cambrioleurs interpellés sont à nouveau dans la nature».

Le placard ultramarin

La réaction de sa hiérarchie et du ministre de l’Intérieur de l’époque, Manuel Valls, ne s’était pas faite attendre. La réprobation avait été ferme. Le général Soubelet avait été obligé de se justifier, expliquant qu’il n’avait fait que «dresser un constat factuel de la délinquance» mais il avait gagné la sympathie de nombreux gendarmes de base sur les réseaux sociaux et un surnom: «général courage». Muté à la direction de la gendarmerie d’Outre-mer en 2014, il vit ce changement professionnel comme une «éviction» et non comme une «promotion»… les ultramarins apprécieront.

Le général Soubelet Tout ce qu'il ne faut pas dire
L’ouvrage de Bertrand Soubelet

Au-delà du «mirage de la sécurité», le général Soubelet met dans sa ligne de mire un «système judiciaire qui n’est pas en capacité de répondre». Il s’en prend notamment à des magistrats «jusqu’au-boutistes», des juges «qui se sentent investis d’une ‘mission divine’», et ceux qui «exercent leur métier à l’aune de leurs idées philosophiques ou politiques».

Le Général comme modèle

Rien ne semble échapper aux critiques du militaire. Le système syndical? Il est «dispendieux». Les partis politiques? «Globalement disqualifiés». Quant à la démocratie, elle est très chère… à tel point qu’on se demande où vont pouvoir s’arrêter ses récriminations… en tout cas, pas aux politiques qui subissent la charge la plus lourde et particulièrement Jean-Marc Ayrault, l’ancien Premier ministre.

Le général raconte ainsi un déjeuner en juin 2013 réunissant les grands patrons de la police et de la gendarmerie pour exposer au Premier ministre d’alors la situation de la délinquance dans le pays. «Ce jour-là, on pouvait percevoir ce que j’ai interprété au mieux comme étant du détachement, au pire comme de l’ignorance, dans les réactions du Premier ministre concernant les questions de sécurité», indique le général… semblant regretter la figure d’un autre général, De Gaulle.

Car finalement, le militaire veut dénoncer «une déperdition certaine de notre système de valeurs» et fait aussi des propositions, particulièrement à destination des jeunes, avec des «centres d’éducation par le travail» et «un service national rénové», civil et obligatoire.

«Vendre une polémique»

Le général Soubelet à Mayotte en décembre 2014
Le général Soubelet à Mayotte en décembre 2014

Liberté de ton ou tribune déplacée, cet exercice littéraire est en tout cas une grande première qui, avant même sa parution ne plaît pas à tout le monde. Denis Favier, le directeur général de la gendarmerie nationale, a déjà fait savoir son sentiment sur son blog : «Je ne conçois pas que l’un (des commandants de la gendarmerie) accepte de telles fonctions pour les dénigrer ensuite», indique-t-il poursuivant qu’«il vient un moment où il faut mettre les choses au clair».

«On peut se battre pour notre budget, nos effectifs et nos moyens, répondre aux mises en cause quand elles sont injustes. On peut le faire sans déformer les faits ni sortir de son rôle. Et pourtant être entendu», relève Denis Favier. «Parce que les enjeux de sécurité sont forts, il nous faut être sereins, confiants, concentrés sur notre mission. Vendre une polémique, instrumentaliser la gendarmerie et ceux qui la servent, c’est tout ce qu’il ne faut pas faire». Un premier désaveu avant d’éventuelles sanctions?
RR
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