Des touristes traumatisés par une agression à Mayotte écrivent au JDM

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Ils veulent que l’on parle de leur agression. Comme toujours, elle est déconcertante par sa violence. Quatre touristes nous racontent leur randonnée au Mont Dziani Bolé, une excursion organisée par un voyagiste qui s’est terminée au CHM.

Des gendarmes en civil et d'autres en tenue pour mettre un terme aux agressions
Des gendarmes en civil et d’autres en tenue pour mettre un terme aux agressions sur certains sentiers

On pensait que les chemins de randonnées avaient retrouvé une certaine tranquillité dans le département. Le mail envoyé par un lecteur du JDM démontre le contraire. Quatre touristes et leur guide ont été victimes d’une attaque violente au Mont Dziani Bolé, au nord de Grande Terre. Un mois après les faits, certains portent encore de sévères séquelles et restent traumatisés.

Ces touristes ont contacté le JDM. Ils voulaient que l’on parle de leur histoire que les médias mahorais n’avaient pas relatée. Une façon de se faire reconnaître comme victime et que leur agression ne reste pas silencieuse.

Les faits se sont déroulés le 20 septembre dernier, sur le sentier de randonnée du sommet nord du mont Dziani Bolé, au nord de Grande Terre. Ils visaient un groupe venu à Mayotte sous l’égide d’un tour opérateur métropolitain qui propose des circuits organisés.

Trois jeunes agresseurs

Selon le récit d’une des victimes, ces 4 touristes et leur guide sont tombés sur 3 jeunes en se rendant au sommet. Ils leur barraient route et cachaient des objets dans leur dos. «Le guide a essayé de discuter avec eux, mais pas de réponse», explique notre internaute. Le guide demande alors aux personnes dont il a la charge de «faire un petit détour, de rester groupées et d’accélérer le pas».

Mais après les avoir dépassés, le dernier du groupe est ceinturé par l’un des jeunes armé d’un chombo. L’arme sous la gorge, il exige la remise des sacs à dos. L’intervention de l’un des touristes et du guide sera rapidement interrompue. Ils sont à leur tour frappés par deux assaillants.

L’homme qui nous relate ces faits essaie lui aussi de défendre ses amis. «L’un des jeunes me massacre à coup de branche centrale de palmier», nous indique-t-il.

Plusieurs fois, les touristes parviennent à se dégager, mais ils sont rattrapés par les jeunes. Face à la scène, le guide hurle finalement aux malheureux touristes de prendre la fuite en laissant leurs sacs.
«Je réussis à fuir avec 3 autres personnes dont 2 ensanglantées», nous précise l’internaute.

L’assistance des villageoisDes sentiers entretenus par l'ONF

Ces 3 victimes vont trouver assistance dans le village voisin. Leur guide et leur 4e compagnon les y rejoindront. Là, des habitants leur portent les premiers soins avant leur prise en charge par les secours et leur transport vers le CHM.

Au final, les 4 touristes et leur guide ont été blessés à des degrés divers. Pour le guide, un avant-bras cassé. Pour un touriste, une entaille profonde de chombo entre le pouce et l’index de la main droite, nécessitant 5 points de sutures. Un mois après, les séquelles sont encore réelles avec un risque de ne pas retrouver la mobilité complète de sa main.

Son épouse doit, elle, déplorer une entaille de chombo à la tête avec 9 points de suture et un fort traumatisme psychologique, bien compréhensible. Le 3e homme a eu le pouce entaillé par le chombo. Enfin notre internaute s’en est tiré avec un énorme hématome au coude gauche.

Quant aux pertes matérielles de l’attaque, elles portent sur les sacs à dos, les téléphones, appareils photos… etc. Malheureusement, un butin classique dans ce genre de cas.

Un mois après, la gendarmerie de Mtsamboro poursuit l’enquête sans que l’on en sache plus.

La prudence, encore et toujours

Les attaques sur les chemins de randonnées semblaient connaître un certain répit ces derniers temps. Les dernières en date, dont nous avions eu connaissance, concernaient pour la deuxième fois de l’année le Mont Choungui. Une opération de sécurisation en présence de la sous-préfète y avait d’ailleurs été organisée.

Il semble donc que sporadiquement des agressions violentes puissent encore être perpétrées ici où là, sans que l’on puisse parler de phénomène sur un lieu précis.

Ce nouveau récit incite évidemment, une nouvelle fois à la prudence. Il reste conseillé de ne partir qu’avec un équipement le plus léger possible… quitte à garder ses souvenirs dans la tête et non sur des photos. Il est surtout recommandé de ne pas opposer de résistance en cas de vol potentiellement violent.
RR
Le Journal de Mayotte

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