Les Jeunes dirigeants mahorais à Madagascar: L’entreprise et le cœur des hommes

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L’économie au service de l’homme, le partage, l’entraide… des valeurs que l’image d’Epinal ne met traditionnellement pas au crédit des chefs d’entreprise. C’est pour se garantir de les vivre de manière pérenne que les membres du Centre des Jeunes dirigeants se rendent au Forum de la formation qui leur est consacrée à Madagascar.

Forum Maurice formation CJDLe Centre des Jeunes dirigeants (CJD) c’est ce groupe de chefs d’entreprise auquel nous avions consacré un article, soulignant les valeurs revendiquées par ses membres, centrées sur l’entraide, « L’innovation commence par le partage », nous avait ainsi expliqué Mohamed Assani Abdou, président du CJD Mahorais.

Quelques mois après, le CJD compte toujours 13 membres, dont le directeur général d’EDM, la directrice de la Chambre d’agriculture, et le président s’en réjouirait presque : « ce n’est pas la masse qui compte. Il est possible que trois nouveaux nous rejoignent en 2016, mais nous proposons plusieurs entretiens, plusieurs sas avant de donner notre accord. »

Ce petit groupe se réunit tous les deuxièmes samedis de chaque mois, pour un moment spécial : « nous discutons de nos projets, et à tour de rôle, donnons notre propre « météo », au niveau personnel et professionnel ». Pas un cercle des dirigeants anonymes donc, mais chacun se livre, et reçoit beaucoup en retour : « l’un d’entre nous ne savait pas comment s’en sortir avec un salarié qui lui faisait de la concurrence déloyale. Nous avons contribué par nos pistes à l’aider à trouver une solution acceptable pour tous. » Un autre, qui s’était énervé contre son salarié, a trouvé écoute et conseils dans le groupe, « personne ne juge ».

Faire grandir le dirigeant autant que l’entreprise

"Mohamed Assani Saindou: "Faire grandir le dirigeant et son entreprise"
« Mohamed Assani Abdou: « Faire grandir le dirigeant et son entreprise »

Cette année, ils vont participer au 1er Forum de la formation CJD à Tananarive (Madagascar) du 6 au 10 novembre 2015. « L’objectif est d’être plus performant », mais attention, en gardant la ligne de conduite maison, « contribuer à faire grandir le dirigeant et son entreprise », en « mettant l’économie au service de l’homme ». Tous les formateurs viennent de métropole et sont estampillés CJD.

Ils seront une cinquantaine de « Céjidéens » à s’y retrouver, tous issus des centres de l’océan Indien, Mayotte, Maurice (récemment créé), La Réunion et Madagascar.

Mohamed Assani Abdou a fait son choix parmi les tables rondes, qu’il nous livre le regard plein d’impatience : « Manager par la mobilisation et la motivation », « Apprendre à apprendre » et « Influence et dynamique ». Ils sont 7 à partir en formation, « il reste trois places disponibles* pour des non membres du CJD », glisse-t-il. D’autres thèmes sont abordés, « Pérenniser sa gestion financière », « Se construire grâce à l’ennéagramme » (Un modèle qui aboutit à neuf configurations différentes de la personnalité).

L’effet CJD

L'"équipe" du CJD et leurs invités
Les membre du CJD et quelques invités lors d’un Master à Dembéni

Il faut croire que leur communauté d’encouragements paie : « nos membres ont évolué, tout le monde a recruté cette année. » Est-ce l’effet CJD ? C’est Mohamed Assani Abdou lui-même qui interroge. Une humilité qui ne l’empêche pas de remarquer que parmi les 4 salariés en responsabilité du Centre, l’un va créer son entreprise, « il connaît les challenges, mais nos discussions l’ont rassuré. »

Ils ont deux projets phare pour 2016. Face au côté « jungle » de l’entreprenariat, le CJD a décidé d’aider les jeunes créateurs en produisant un catalogue susceptible de répondre à leurs interrogations : comment déposer un statut, à qui adresser une demande de subvention, monter un business plan, récupérer des informations sur les emplois aidés etc. « Nous allons donc développer des partenariats avec les organismes concernés, BGE, Dieccte, Pôle emploi, conseil départemental, etc. », détaille-til.

Debout les talents !

Le deuxième axe de travail de ces dirigeants qui managent différemment, c’est de trouver les perles rares parmi les étudiants pour les orienter vers les grandes écoles : « nous visons l’excellence pour ceux qui marchent bien mais qui n’ont pas toujours les moyens de poursuivre. » C’est Yacine Chouabia qui porte ce projet « Talent up ! »

En parallèle, ils vont décliner une opération nationale, « Moi parlementaire, une semaine dans les pas d’un dirigeant ». L’initiative consiste à associer les parlementaires aux fonctions de direction générale d’une entreprise durant une période d’une journée à une semaine. L’objectif est de rapprocher décideurs politiques et dirigeants d’entreprise, deux familles d’acteurs décisifs de la croissance et de l’emploi.

Ils participent enfin à l’agenda national et international de leur réseau, « notamment le campus en juin. » Si leur souhait n’est pas de grossir exagérément, on souhaite que les valeurs qu’ils défendent le fassent malgré eux.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

*Contacter : contact@cjd-mayotte.fr et/ou 0639 69 73 57

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