Egalité économique réelle : «Mayotte sera un Eldorado»

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Patrick Karam a installé le CReFOM Mayotte autour de Noussoura Soulaimana. Et face aux scepticismes, il se fait l’infatigable défenseur de la future loi sur l’égalité réelle.

Noussoura Soulaimana et Patrick Karam
Noussoura Soulaimana et Patrick Karam

Patrick Karam, le président du CReFOM adore trouver des formules. Hier mardi dans une salle du lycée Bamana, il venait à peine de lancer officiellement l’antenne mahoraise du CReFOM, qu’il reprenait son bâton de pèlerin pour vanter les qualités de la future loi sur l’égalité réelle. «Elle va transformer Mayotte en Eldorado!» Il savait qu’il faisait mouche face à ses interlocuteurs.

Pourtant, l’ambition de ce projet soulève de nombreuses questions : «se donner 20 ans pour que les indicateurs convergent vers ceux de métropole» et en particulier le revenu par habitant, rêve le président du CReFOM. «Durant les dernières décennies, les DOM ont rattrapé une partie de leur retard sans dispositif spécifique. Imaginez ce que ce pourrait être avec des outils adaptés», défend-il.

Multiplier la richesse par 6

Mayotte part tout de même de nettement plus loin que les DOM historiques. Pour rejoindre les statistiques nationales, il faudrait que notre PIB passe d’environ 1,5 milliards d’euros actuellement à plus de 10 milliards… en 20 ans. Autant nous assurer une belle place dans le Guinness Book des records comme le territoire le plus prospère de toute l’histoire économique.

Noussoura Soulaimana à la tête du CReFOM Mayotte sera chargé de mener les réflexions aux côtés de la FEDOM
Noussoura Soulaimana à la tête du CReFOM Mayotte sera chargé de mener les réflexions aux côtés de la FEDOM

«Ce sont les Mahorais qui vont définir le temps de ce rattrapage. Le travail ne peut pas venir de Paris», nuance Patrick Karam.
Il a pourtant déjà sa petite idée. «On a fait les projections, on sait que c’est possible en une génération», déclare-t-il.

Investissement de l’Etat

Avec la loi sur l’égalité réelle, «il s’agit de construire un véritable plan de développement économique, un plan d’investissement qui permette à Mayotte de se retrouver dans la moyenne de la nation». Car les sommes investies par l’Etat devraient rejoindre la moyenne nationale «alors qu’actuellement, Mayotte ne touche que 62% de ce qu’elle devrait percevoir»… de quoi créer quelques infrastructures.

Mais si nous partons de loin, nous avons aussi une chance : la mise en œuvre du document stratégique Mayotte 2025. «La combinaison des deux va être une quelque chose de formidable pour Mayotte qui pourra réussir le rattrapage social en même temps que le développement économique. L’un va servir l’autre», imagine Patrick Karam.

Une génération d’entrepreneurs

Patrick Karam persuadé que Mayotte bénéficiera de la combinaison de Mayotte 2025 et de l'égalité réelle
Patrick Karam persuadé que Mayotte bénéficiera de la combinaison de Mayotte 2025 et de l’égalité réelle

C’est donc une hypercroissance qu’il promet pour notre département… mais à condition que les Mahorais en soit partie prenante. «Il faut qu’on arrive à faire émerger une génération d’entrepreneurs mahorais pour ne pas que de grands groupes viennent prendre tous les marchés. Il faut qu’il ait des jeunes qui montent des structures et peut-être des empires, qui gagnent beaucoup d’argent et qui réussissent en même temps que leur territoire. Et donc, un des enjeux c’est aussi l’éducation», affirme Patrick Karam.

Bien difficile de savoir ce que donnera ce travail vers une nouvelle étape des relations des DOM à la métropole. Mais si l’activité économique et la réussite individuelle en seront le moteur, les réflexions du CReFOM local et de la FEDOM Mayotte devront aussi inévitablement porter sur le collectif dans une société qui perd déjà rapidement ses repères traditionnels sans avoir le temps d’acquérir ceux qui s’imposent à elle.

Un an pour trouver la formule

Il sera également nécessaire de réfléchir aux relations avec l’environnement régional. En Guyane comme à Mayotte, imaginer une croissance rapide sans accompagner celle des pays voisins pourrait ne pas être tenable.

«C’est une occasion à ne pas rater, indique Noussoura Soulaimana. Il faut qu’on soit tous rassemblés autour des mêmes objectifs. Pour une fois, on part en même temps que les autres et il faut que ce soit la mobilisation générale!»

Le CReFOM souhaite qu’une première loi cadre soit votée avant la fin de l’année puis des plans territoriaux un an plus tard, «le bon timing pour obtenir des choses pendant la campagne présidentielle», souligne Patrick Karam. Le CReFOM Mayotte et la FEDOM ont donc environ un an pour tenter de trouver comment faire de Mayotte l’Eldorado promis.
RR
Le Journal de Mayotte

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