22.9 C
Dzaoudzi
vendredi 12 août 2022
AccueilSantéLangues, violence et handicap: Fikira poursuit son travail de connaissance

Langues, violence et handicap: Fikira poursuit son travail de connaissance

Fikira colloque Nov 14L’association «Fikira» poursuit sa mission consacrée  au partage des réflexions autour de la santé mentale à Mayotte. Elle propose une conférence et crée des groupes de travail pour rassembler un véritable corpus de connaissances.

Nous entendons parler de l’association Fikira à l’occasion des conférences de grande qualité qu’elle organise régulièrement. La prochaine* est  annoncée le 7 mai prochain au centre universitaire. Elle portera sur “les comportements sexuels problématiques, conduites sexuelles à risque et violences sexuelles chez les mineurs”.

Mais le travail de l’association créée en 2011 est loin de se résumer à ces moments. Des groupes de travail sont par exemple en cours de constitution pour approfondir des sujets précis. «Nous avons décidé de les créer après de nombreuses sollicitations d’adhérents et de sympathisants de Fikira qui souhaitent s’inscrire dans une démarche de recherche», indique Faïne Docaigne, membre de l’association.

Pour l’association dont l’objet initial est de réfléchir sur la santé mentale, créer de tels groupes, c’est d’abord favoriser des échanges entre professionnels. «Que l’on travaille dans la santé, l’éducation ou le social, on peut disposer d’un espace pour ne plus se sentir seul face à des questions auxquelles on est confronté. Il s’agit, au contraire, d’en faire une matière à travailler», explique Faïne Docaigne.

La langue mahoraise, objet de réflexions

Le Colloque organisé en novembre 2014 sur l'adolescence à Mayotte
Le colloque organisé en novembre 2014 sur l’adolescence à Mayotte

Trois thèmes se sont dégagés, chacun accaparé par un groupe. Le premier porte sur le rapport à la langue. «On est parti d’une représentation du ‘niveau’ de chaque langue et nous nous sommes rendu compte que beaucoup perçoivent le shimaoré comme une langue inférieure au français. Les enfants en particulier ont souvent cette idée-là», relève Faïne Docaigne. De nombreux professionnels sont aussi confrontés à la difficulté de la traduction, particulièrement dans des circonstances où les enjeux personnels sont importants comme à l’hôpital ou face à la justice. Des termes précis en français doivent trouver leur juste équivalent en langue mahoraise.

«La réflexion autour de la langue est essentielle car elle implique énormément de choses dans la perception de soi et de son environnement. Nous avons la volonté de rassembler les travaux de sociolinguistique déjà réalisés pour les confronter et les approfondir.»

Quels mots pour la violence

 «Par exemple, ce qui est intéressant, c’est que le mot ‘violence’ n’existe pas en shimaoré. Tous ceux qui traduisent doivent employer des mots comme ‘frapper’ ou ‘insulter’… Et là, c’est important de prendre le temps de se poser et de réfléchir à la façon de communiquer le bon message.»

Fikira colloqueLes violences à Mayotte sont justement le thème choisi pour un 2e groupe de travail. Les angles d’approche sont multiples : que peut-on considérer comme violence, quelle perception en ont les victimes et les auteurs, de quelle façon en parle-t-on… ?

«Pour ces deux sujets comme le 3e qui porte sur le handicap, peu de travaux ont été menés. L’autre particularité à Mayotte est liée à l’important turn-over des professionnels. Certains commencent à travailler dans la culture et la société mahoraise puis ils sont obligés de partir. L’objectif de Fikira est aussi de permettre une continuité et que les réflexions ne se perdent pas», insiste Faïne Docaigne

Restitution et transmission

Pas d’agenda précis pour boucler la première étape de ce travail, mais l’idée est évidement de proposer des restitutions lorsque les choses auront bien avancé. Cela pourrait aller de l’article à la table ronde en passant par des conférences.

On peut ainsi imaginer que Mayotte se dote, peu à peu, d’une masse de connaissances sur ces sujets médicaux et sociaux, que de nouveaux professionnels pourront s’accaparer et continuer à enrichir.
RR
Le Journal de Mayotte

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

SMAE, Vinci, Mayotte

Coupure d’eau en cours dans le village de Longoni

139135
Le syndicat des eaux, dans un communiqué, informe les usagers du village de Longoni "qu'une casse sur le réseau de distribution d'eau potable" contraint...
+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Les élections départementales de Sada se tiendront les 25 septembre et 2 octobre prochains

139135
A la suite de l'annulation des élections départementales du binôme Kamardine/Ibrahim à Sada entérinée par la décision du Conseil d'Etat le 19 juillet dernier, la préfecture communique sur les nouvelles dates. Les élections départementales partielles...

La délégation de Tanzanie est arrivée à Mayotte

139135
Les travaux de coopération régionale du conseil départemental avancent bien, avec l’arrivée ce mercredi de la délégation de Tanzanie sur le territoire mahorais.

Visite ministérielle : de grands enjeux en perspective

139135
Dans le cadre de la visite du ministre de l’Intérieur et des Outre-mer, Gérald Darmanin, et du ministre délégué aux Outre-mer, Jean-François Carenco, prévue la semaine du 22 août prochain, les séances de travail se sont multipliées à Paris la semaine dernière. Ainsi, le 5 août, le président du Conseil départemental, Ben Issa Ousseni a été reçu par Jean-François Carenco. La veille, la parlementaire Estelle Youssouffa s’était entretenue avec Gérald Darmanin.

Mlezi Maore : le directeur général quitte ses fonctions pour devenir sous-préfet de Barcelonnette

139135
Suite à sa nomination, par décret du Président de la République en date du 29 juillet dernier, au poste de sous-préfet de Barcelonnette dans le département des Alpes de Haute-Provence, Dahalani M’Houmadi quitte ses...

Jumelage Mayotte-Comores : “trahison”, ou réaffirmation diplomatique d’une Mayotte française?

139135
Ce lundi 1er août, le Collectif des Citoyens de Mayotte scellait symboliquement les portes de la mairie de Mamoudzou pour protester contre le jumelage prévu entre le chef-lieu et les villes de Tsidjé (Grand-Comores) et Mutsamudu (Anjouan). Une initiative qui divise : là où le Collectif évoque une "trahison", le premier édile de Mamoudzou y voit une réaffirmation officielle de l'identité française de l'île au lagon.
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com