Organiser la formation professionnelle face aux avancées du ministère du Travail

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Des stages mieux rémunérés et une forte augmentation du nombre de places en formation professionnelle, ce sont deux grandes avancées pour Mayotte. Il va maintenant falloir mettre en musique pour être au rendez-vous dans 5 mois.

Les organismes de formation professionnelles à l'écoute des avancées obtenues
Les organismes de formation professionnelle à l’écoute des avancées obtenues

L’Association des organismes de formation professionnelle (AOFM) qui compte une trentaine de membres, dont Tama, l’Agepac, OIDF ou Hodina, sur la quarantaine qui travaille sur la formation à Mayotte, vient d’annoncer de grandes avancées pour les stagiaires.

La rencontre que sa présidente Christine Daudet, son vice-président Houssaïni Tafara, ont obtenu ce 8 avril de François Rebsamen au ministère du travail, en compagnie du sénateur Thani Mohamed Soilihi, du président du CESEM Abdou Dahalani et avec l’appui du conseil général, aura porté ses fruits.

Deux points ont été soulevés face à un constat : la désaffection des stages de formation par des jeunes peu soutenus financièrement. « En raison d’une dotation insuffisante de l’Etat au Conseil général de 6 millions d’euros, à la fois pour rémunérer les centres de formation, et payer une indemnité aux stagiaires, mais aussi d’une insuffisance de filières de formation ».

Branle-bas de combat

Le décrochage des jeunes exposé par Hodina
Le décrochage des jeunes exposé par Hodina

En rajoutant à la déprime du secteur, un décret de septembre 2013 modifie à la hausse la rémunération partout en France et en Outre-mer, « sauf à Mayotte ». Ce qui a « mis le feu aux poudres », selon leur expression.

Sur ces deux points, l’AOFM a été entendue : la rémunération qui était de 90 euros pour les moins de 18 ans et de 260 euros pour leurs aînés, « passerait respectivement à 230 euros et 600 euros, soit le même rapport qu’entre le SMIG et le SMIC métropolitain », explique Houssaïni Tafara. Une évolution qui prendrait effet vers la fin du 1er semestre 2015.

Autant dire que c’est le branle-bas de combat chez les professionnels de la formation pour se préparer à une montée en puissance. Surtout que le ministère s’engage à porter à 5.000 le nombre de places en formation : « en 2013, la Mission locale avait envoyé 2.000 jeunes en formation, mais 3.700 étaient en attente », argumentait Christine Daudet, « c’est un pas énorme de l’Etat en période de restriction budgétaire ».

Avec des jeunes mieux rémunérés, le taux d’abandon des stages devrait diminuer, permettant aux organismes de formation de faire valider leur enseignement et donc d’être payés. Mais le décret modifiant les montants actuels n’est pas encore sorti, et les organismes de formation attendent de savoir comment les enveloppes vont être réparties avant de recruter des formateurs.

« L’autre côté positif est la prise en compte des volontés mahoraises dans ce secteur, comme le fera un groupe de travail qui se réunit à Paris sur ce sujet en mai et pour nous proposer des dispositifs supplémentaires », rajoute la présidente de l’AOFM.

L’urgence d’un meilleur accompagnement

Chamsidine exposait les préoccupations des stagiaires
Chamsidine exposait les préoccupations des stagiaires

Si elle se laisse aller à une satisfaction bien méritée ce mercredi, ce n’est pas sans se soucier de la structuration des organismes de formation : « il n’y a pas de lisibilité des formations effectuées à Mayotte en dehors du BSMA. L’Etat a annoncé vouloir aider l’AOFM à se structurer. »

Il va falloir aussi organiser le transport pour tous ces jeunes, « dont certains n’ont pas de cartes de séjour, mais ne sont pas expulsables non plus », mais aussi sur le plan technique. « Matis ne peut pas. Il faut trouver un prestataire car le marché avoisine le million d’euros ». Il faut aussi réévaluer la dotation du Conseil départemental, qui sera par ailleurs accompagné par une mission dans le domaine du Code du travail.

Autre problème évoqué par Chamsidine, un stagiaire présent à la conférence de presse : « les jeunes ne sont actuellement pas assez conseillés sur leurs projets professionnels. Ils sont chacun dans leurs villages plutôt désorientés sans personne pour les écouter ». Il va falloir former des formateurs d’urgence.

Christine Daudet répondait proximité en souhaitant une décentralisation des formations dans les communes, « voire un prescripteur par village ». Elle organise également des formations de formateurs mahorais, « avec la venue de références dans ce domaine comme Bruno Hourst en juin ».

En juin également, deux jours de rencontres sont annoncés autour de la formation professionnelle, le 10 juin au lycée de Coconi à 8h30, et le 12 juin au Conseil départemental.

Anne Perzo-Lafond
Le Journal de Mayotte

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