27.9 C
Dzaoudzi
lundi 8 août 2022
AccueilFaits diversCirconcision marron à La Réunion: la cour d’appel doit trancher

Circoncision marron à La Réunion: la cour d’appel doit trancher

1000 euros. Voilà la peine à laquelle Abdou H. avait été condamné par le tribunal de police de Saint-Pierre. Le foundi a fait appel de cette décision et l’affaire a été abordée, à nouveau, ce jeudi matin par la chambre des appels correctionnels de La Réunion. La décision sera rendue le 26 mars.

(Crédits photo : JIR)
(Crédits photo : JIR)

Abdou H. n’est pas présent sur le banc des prévenus. Me Normane Omarjee, son avocat, est là pour porter sa parole. Abdou H. a été condamné en juin 2014 par le tribunal de police de Saint-Pierre pour une circoncision désastreuse, à 1.000 euros d’amende. Une première en France qui, si elle est confirmée en deuxième instance, constituera une jurisprudence jusqu’à maintenant favorable au prévenu. C’est pour cette raison que Me Omarjee a plaidé la relaxe.

Le 18 décembre 2012, l’homme, qualifié de foundi, a envoyé quatre enfants à l’hôpital après avoir pratiqué sur chacun une circoncision à l’aide d’un Opinel. Pour opérer, il s’était fait aider de trois hommes qui tenaient les enfants âgés entre 4 et 7 ans alors qu’il tranchait le prépuce. Après chaque acte, l’enfant était confié à une infirmière qui fournissait les pansements. Jusqu’à ce qu’elle signale un problème d’hémorragie sur un jeune. Le père des quatre enfants l’avait alors emmené jusqu’aux urgences.

“Ce n’est pas le procès de la circoncision”

Quand il était revenu, il avait appris que ses trois autres fils avaient été pris en charge par les pompiers. Des débuts d’infection avaient été constatés. Malgré tout, la famille n’a pas porté plainte contre le foundi dont la réputation en matière de circoncision n’est plus à faire à Mayotte.

Palais de justice (Crédit photos: JIR)
Palais de justice (Crédit photos: JIR)

Devant les policiers, l’homme âgé aujourd’hui de 56 ans a expliqué qu’il désinfectait entre chaque opération la lame de l’Opinel. Dans le cadre de l’enquête, le couteau a été montré à un responsable d’une mosquée comorienne du Port. Il a vivement réagi : “J’espère que ce n’est pas avec ce couteau qu’on a pratiqué la circoncision… Ca relève de l’obscurantisme.” C’est sur ces déclarations que Bruno Badré, avocat général, s’appuie précisant au passage : “Ce n’est pas le procès de la circoncision mais des conditions dans lesquelles celle-ci a été réalisée.” Il requiert la confirmation de la peine.

Une faute morale, pas pénale

Me Omarjee affirme : “La décision du premier juge n’est pas motivée juridiquement.” Le magistrat s’est basé sur les “draps souillés” pour montrer que les règles élémentaires n’avaient pas été respectées. Me Omrajee note aussi les éléments manquants : “Comment dans un dossier aussi sensible, l’infirmière n’est pas entendue.”

L’avocat continue : “Il aurait été plus sage d’entendre l’infirmière et le médecin que des responsables religieux. L’enquête n’a pas été faite dans les règles”. Pour le conseil sudiste “il est possible qu’il y ait une faute morale, une faute civile, mais pas de faute pénale.” L’affaire a été mise en délibéré.
Nicolas Goinard
Le Journal de l’île de La Réunion

Comments are closed.

RESTONS EN CONTACT

Inscrivez-vous à la lettre d'information du JDM afin de garder en oeil sur l'actualité mahoraise

L'actualité

+26
°
C
+27°
+24°
Mamoudzou
Samedi, 04
Dimanche
+25° +24°
Lundi
+25° +24°
Mardi
+25° +24°
Mercredi
+25° +24°
Jeudi
+25° +24°
Vendredi
+25° +24°
Prévisions sur 7 jours

Mlezi Maore : le directeur général quitte ses fonctions pour devenir sous-préfet de Barcelonnette

139137
Suite à sa nomination, par décret du Président de la République en date du 29 juillet dernier, au poste de sous-préfet de Barcelonnette dans le département des Alpes de Haute-Provence, Dahalani M’Houmadi quitte ses...

Jumelage Mayotte-Comores : “trahison”, ou réaffirmation diplomatique d’une Mayotte française?

139137
Ce lundi 1er août, le Collectif des Citoyens de Mayotte scellait symboliquement les portes de la mairie de Mamoudzou pour protester contre le jumelage prévu entre le chef-lieu et les villes de Tsidjé (Grand-Comores) et Mutsamudu (Anjouan). Une initiative qui divise : là où le Collectif évoque une "trahison", le premier édile de Mamoudzou y voit une réaffirmation officielle de l'identité française de l'île au lagon.

Koungou : un comité de sécurité créé pour faire face à la délinquance

139137
Jeudi dernier, la ville de Koungou communiquait sur les réseaux sociaux à propos de la constitution d’un comité de sécurité. Son objectif ? Mutualiser les moyens des comités déjà existants pour mieux mailler les quartiers et améliorer la collecte d’information en cas de troubles. Malgré les actes de médiation, les événements de ces derniers temps font naître un ras-le-bol perceptible.

Les outre-mer dans la Constitution : « changer de paradigme ultramarin est une nécessité...

139137
Pour nourrir le débat sur la place des outre-mer dans la Constitution, la délégation sénatoriale aux outre-mer a organisé en juin dernier une réunion conjointe avec l’Association des juristes en droit des outre-mer. L’objectif, esquisser des pistes de réflexion pour refonder les articles 73 et 74 de la Constitution au regard des réalités des territoires ultra-marins.

Les députés de l’île en première ligne pour défendre Mayotte et les outre-mer

139137
Estelle Youssouffa et Mansour Kamardine semblent ne pas avoir démérité depuis ce début de semaine dans l’hémicycle. Si la première a été élue en début de semaine vice-présidente de la délégation aux outre-mer de l’Assemblée nationale, le second a eu un amendement voté en son nom prévoyant une enveloppe de 15 millions d’euros pour « renforcer les aides alimentaires en Outre-mer ».
Social Media Auto Publish Powered By : XYZScripts.com