Vol de téléphone devant le lycée de Sada: un fils de prof condamné

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CARNET DE JUSTICE DU JDM. «Un fils de professeur qui agresse un lycéen, c’est inquiétant !» Le procureur Michel Alik voulait «marquer le coup» : «ça suffit !» s’exclame-t-il dans son réquisitoire. Il réclame un mois de prison ferme, une peine assortie d’une mise à l’épreuve pour le prévenu de manière à ce qu’il ne se sente plus «au-dessus de tout soupçon».

TGI KaweniCe qui a énervé le procureur Alik, c’est le milieu social dont est issu le prévenu. L’audience correctionnelle du mercredi a, en effet, plutôt l’habitude de juger pour des faits de vols avec violence, de jeunes gens issus des milieux très défavorisés de Mayotte. « Le garçon mis en cause dans cette affaire a accès à une éducation et des valeurs alors que beaucoup d’autres n’en ont pas du tout», faisait valoir le procureur.

Les faits se sont déroulés à proximité du lycée de Sada alors que Farid, scolarisé dans l’établissement, attend son bus. Quatre jeunes lui foncent dessus : ils veulent son téléphone portable, un smartphone qui a une certaine valeur. Farid refuse de le donner. Il reçoit alors une claque et des coups de tong sur la tête… il n’est toujours pas question qu’il lâche le portable. Les agresseurs passent alors aux coups de poings et de genoux au visage. A ce moment-là, un des individus passe encore au niveau au dessus et sort un marteau.
La peur s’empare alors, de façon bien compréhensible de Farid, qui finit par donner le téléphone.

Un portable vendu pour de l’alcool

Comme c’est souvent le cas, le téléphone dérobé est rapidement revendu «à un clandestin» pour 120 euros. 20 euros iront dans la poche des plus jeunes, le principal prévenu garde 100 euros pour lui. Ils vont lui être très utiles… Il va les dépenser pour acheter de l’alcool !

Les quatre agresseurs vont se faire attraper par la gendarmerie car des témoins de la scène sont capables de reconnaître les agresseurs. Les mineurs sont déjà passés devant le tribunal pour mineurs le 6 juin dernier. Ce mercredi, c’est donc Oussaïd, le seul majeur au moment des faits qui doit répondre de ses actes. Mais il n’est pas présent à la barre. Il vit chez ses parents qui depuis les événements ont déménagé à La Réunion.

Il donne un téléphone à sa victime

Me Kamardine défend le prévenu absent. Il met en avant le casier judiciaire vierge du jeune homme mais surtout le fait qu’il a déjà tenté de réparer le préjudice subi par Farid. Lors d’une précédente audience, en plus de présenter ses excuses, il a donné un téléphone neuf à sa victime, un portable équivalent à celui qu’il lui avait dérobé. D’ailleurs, ce mercredi, Farid ne réclame aucun dommages et intérêts.

Nul doute que ce comportement a joué sur l’impression laissé au tribunal : Oussaïd est condamné à 3 mois de prison avec sursis et 2 ans de mise à l’épreuve. Sa condamnation sera inscrite à son casier judiciaire (B2) contrairement à ce qu’avait demandé son avocat. Farid souhaite en effet entrer dans l’armée. Il semblerait qu’un certain nombre de valeurs soient encore à acquérir avant de porter l’uniforme.
RR
Lejournaldemayotte.com

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