Marianne portée depuis 70 ans par les femmes

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1944-2014… si la démarche vers l’isoloir est passée dans les mœurs, la France n’a pas encore trouvé son Angela Merkel.  Mayotte a eu elle, ses Zéna et Zaïna…

La "Mariama" du FACC de Dembéni, mélange de Marianne et de culture locale
La “Mariama” du FACC de Dembéni, mélange de Marianne et de culture locale

Il y a 70 ans, le 21 avril 1944, le gouvernement provisoire du général de Gaulle à Alger publie une ordonnance permettant aux femmes de voter et d’être élues. Elles déposeront leur premier bulletin dans l’urne aux municipales d’avril 1945.

Une évolution tardive dans les esprits par rapport aux Etats Unis, l’Angleterre et la Turquie qui l’avaient déjà adopté, et qui coupait court aux discours qui en faisaient « une personne destinée à la maternité » et qui, si elle étaient aux commandes des affaires publiques, « n’y apporterait pas d’ailleurs la modération de langage et la netteté des conceptions, qui sont indispensables dans les usages parlementaires »… Les échanges à l’Assemblée nationale, à forte majorité masculine, prennent à eux-seuls en 2014 le contrepied de cette thèse d’Emile Morlot en 1884.

Romain Rolland apportait sa touche de suspicion (ou de lucidité, c’est selon…) en 1925 « La moyenne des hommes et des femmes sont également incapables de juger actuellement des choses politiques. Elles dépassent infiniment leurs capacités d’attention et de compréhension (…) Les femmes étant encore plus livrées que les hommes aux forces émotives seront emportées plus massivement encore par ces vastes ondes… ».

Cette tardive implication se ressent encore dans la participation des femmes à la vie publique : elles sont en moyenne 12% à investir en 2014 le rôle de maire en France, dont tout de même, celui de la capitale. Tout en relativisant la représentativité du chiffre eu égard au petit nombre de communes de l’île,  Mayotte peut se targuer de 18% de présence féminine à la tête des communes, avec 2 femmes élues maires aux dernières municipales. Zaïna Méresse, 1ère conseillère générale nommée à Dembéni, et son mentor Zéna Mdéré en sont la preuve, elles ont toujours été présentes au premier plan du combat politique à Mayotte.

Mémoire vivante de l’histoire de l’île, le docteur Martial Henry revient sur le vote des femmes « qui avait cours de 1946 à 1974 à Mayotte, alors territoire des Comores. Elles ont alors participé au vote à 64% en faveur du rattachement de l’île à la France ».

La parité exigée cette année sur les listes des municipales place les femmes de fait à des postes de responsabilité et devrait participer à un partage plus naturel de la chose publique dans l’avenir.

A.P-L.

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