Artisanat : 130 jeunes découvrent les métiers

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Formation, débouchés, salaires, les jeunes ont posé de nombreuses questions

130 jeunes dans le cinéma Alpa Joe. L’événement de clôture de la semaine de l’artisanat s’est tenu ce vendredi après-midi à Mamoudzou. Objectif affiché : donner de l’ambition aux jeunes mahorais.

Image d'un clip présenté aux jeunes : quand un simple pâtissier décide de faire de la Haute-Pâtisserie de luxe
Image d’un clip présenté aux jeunes : quand un simple pâtissier décide de faire de la Haute-Pâtisserie de luxe

Marlène vient de présenter sa petite entreprise. A Tsingoni, elle fabrique des objets avec des bois mahorais. Stylos, vaporisateurs à parfums… des produits utiles et des cadeaux à faire. Dans la salle du cinéma de Mamoudzou où se sont installés 130 jeunes, les questions fusent. «A Mayotte, fabriquer des objets, est-ce qu’on peut en vivre alors que sur le marché quasiment tout est fabriqué à Madagascar ?»

Intéresser les jeunes aux métiers, l’objectif de l’opération montée par la Chambre des métiers et de l’artisanat (CMA) est atteint. «Il existe 510 métiers de l’artisanat, explique Jean-Denis Larroze, le secrétaire général de la CMA. Bien sûr, on ne les connaît pas tous. Mais même avec ceux qu’on connaît, on peut faire de belles choses et vivre très bien, parfois mieux qu’avec de longs diplômes.»
Pour étayer sa démonstration, il a invité, à l’image de Marlène, des artisans de Mayotte. Pâtissier, menuisier, couturière et même l’unique «carbonisateur» de Mayotte, le seul artisan à fabriquer du charbon de bois légalement à partir des déchets de bois des chantiers de l’île. «Comment est-ce qu’on devient carbonisatrice ?», demande une jeune fille. «En maniant la tronçonneuse», lui répond l’artisan. Rires garantis dans la salle.

Formation, débouchés, salaires, les jeunes ont posé de nombreuses questions
Formations, débouchés, salaires, les jeunes ont posé de nombreuses questions

Chaque présentation des métiers est accompagnée d’un clip montrant des exemples d’artisans de Métropole. Là encore, un objectif : expliquer qu’en s’associant à d’autres, on peut réussir à faire grandir sa petite entreprise, comme ces quatre frères eux aussi carbonisateurs, qui ont embauché des ingénieurs pour fabriquer de l’électricité à partir de la chaleur et des fumées de leurs fours à charbon de bois.

Une surprise pour les apprentis bouchers

«On souhaitait leur faire prendre conscience, qu’il faut souvent une vraie technicité et donc une formation, de l’expérience et s’avoir s’entourer. Et même avec un CAP, on peut vraiment bien réussir», assure Jean-Denis Larroze.
Les jeunes présents dans la salle viennent de différents horizons : pôle emploi, association Tama, collégiens de Mgombani ou vainqueurs du jeu-concours d’une radio musicale. Après la présentation des métiers, ils ont pu assister à la projection en avant-première dans l’Océan indien du film « Un amour d’hiver», projeté à partir de demain au cinéma.

Jean-Denis Larroze avait également réservé une surprise aux premiers apprentis de la filière boucherie de Mayotte également dans la salle : celui qui obtiendra la meilleure note à l’examen blanc du mois d’octobre partira pour Paris assister à la finale du concours national Stars et métiers, à la rencontre des meilleurs artisans de France. Donner de l’ambition, encore et toujours.
RR

Semaine nationale de l'artisanat