Niveau des instits : entre quantité et qualité, pas de débat

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Doit-on recruter à tout prix des profs pour le premier degré ? Bien que Mayotte n’ait pas le luxe de se la poser, la question a trouvé sa réponse dans la bouche du vice-recteur : «on ne recrute pas pour recruter ».

Rivo, SNUipp
Rivo, SNUipp

C’est une lettre du 28 février du secrétaire départemental du SNUipp, Rivomalala Rakotondravelo, au vice-recteur qui rend public le débat : «L’arrêté du ministre de l’éducation nationale en date du 30 janvier 2014 a fixé à 35 le nombre de postes à pourvoir au titre de l’année 2014 au concours de recrutement dans le corps des instituteurs de la fonction publique de l’Etat recrutés à Mayotte. (…) Je viens de lire que seuls 18 candidats ont été admis et aucune liste complémentaire n’a été établie. Je regrette le fait que vous ayez encore décidé de ne pas pourvoir toutes les postes cette année».

Bien que Mayotte manque cruellement de titulaires, «450 contractuels dans le premier degré, une situation inquiétante», avait même confié le vice-recteur à la presse, la décision n’est pas étonnante au regard de la déficience de compétences énoncée par tous les acteurs de l’emploi.

C’est ce que nous a confirmé François Coux, le vice-recteur : «sur les 70 postes de concours interne, 35 sont recrutés au niveau Bac. Le jury a trouvé que le vivier était insuffisant en terme de niveau des candidats. Soit on remplit pour remplir en fermant les yeux par démagogie sur des futurs enseignants qui seront en poste pendant 40 ans, soit on travaille pour l’intérêt général en s’arrêtant quand il le faut. Nous avons pris nos responsabilités».

Consensus sur la formation

François Coux essaie de freiner un cercle vicieux
Le vice-recteur François Coux

A cela, Rivo répond invariablement formation des prétendants. Chiche ! avait répondu le vice-recteur en substance qui a augmenté de 18 heures à 200 heures le temps de préparation au concours, «on ne se contente pas du couperet !» mais en signalant que les intéressés doivent de leur côté accepter de s’y inscrire…

D’autre part, et pour aller dans le sens du syndicaliste, il indique que tout n’est pas perdu : «nous attendons les réussites du concours externe pour dégager des candidats s’ils sont bons. L’année dernière, seuls 52 avaient été reçus sur 70».

Les deux hommes se sont vus samedi matin, et ont convenu d’un ajustement des contenus des modules de formation.

Dans les années 90, quand les élèves ont afflué en nombre vers les écoles mahoraises, (de 2.900 élèves en 1973 à plus de 56.500 en 2002, selon l’INSEE), beaucoup d’enseignants de niveau 6ème  ont été recrutés à la va-vite, ce qui pose les problèmes de compétence que l’on connaît. Il est temps que l’arbitrage entre qualité et quantité ne fasse plus débat, surtout si c’est au détriment de la première : «nous ne recrutons pas pour recruter, mais en gardant un objectif qualitatif», conclut François Coux.

Anne Perzo-Lafond

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