Etat de santé des coraux : en voie d’amélioration

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Les Aires Marines protégées par leur bras armé local qu’est le Parc Naturel marin de Mayotte, publie le résultat de l’Etude sur l’état de santé des coraux : une couverture en extension mais moins diversifiée.

Barrière corail zoomC’est l’un des atouts de Mayotte : le lagon et ses dauphins en surface, et les poissons évoluant autour des massifs coralliens pour les amateurs de profondeur. Les blanchiments successifs de 1998 et de 2010 avaient incité à un suivi régulier.

Le plan de gestion du Parc Naturel marin de Mayotte, validé en conseil de gestion du 14 décembre 2012, inclut notamment le bon état de conservation des récifs coralliens. Une étude sur l’état de santé des coraux a donc été menée en 2013 et les résultats viennent d’être livrés.

Ce suivi fait suite à ceux réalisés en 1989, 1997, 2004 (pour les récifs frangeants* de Grande-Terre), et 2005 (pour les récifs barrière** et internes). 19 jours d’échantillonnage ont été nécessaires sur 145 sites distincts échantillonnés en plongée bouteille soit 3 ha de récifs étudiés.

La diversité corallienne en danger

Les résultats montrent pour les récifs frangeants une couverture moyenne en coraux durs de 30 % sur Grande Terre, avec un meilleur recouvrement à l’Ouest qu’à l’Est. Malgré le phénomène de blanchissement de 2010 qui a provoqué une importante mortalité des coraux, ces récifs se sont développés de façon significative depuis 2004. Le compte rendu livré par le Parc Naturel Marin l’explique par «un développement des espèces de coraux les plus robustes en réaction aux pressions d’origine humaine, au détriment de coraux plus fragiles. Il en découle que, bien que le recouvrement ait augmenté, la diversité des espèces de coraux, elle, a diminué ».

Pour le récif barrière, on constate par contre une diminution de la couverture corallienne totale depuis 2004 de près de 16% au profit des algues, liée directement aux phénomènes successifs de blanchissement de 1998 puis 2010. La couverture moyenne en corail vivant est ainsi globalement faible entre 23 %et 29 %, pour plus de 70% de corail mort sur certains sites. De plus, on observe une évolution des types de coraux vers des formes plus rustiques et massives.

Les récifs internes révèlent une bonne résistance aux phénomènes de blanchissement par l’observation d’une augmentation significative des zones couvertes par les coraux.
Corail poissons

3 stations de référence

Le Parc étudie de manière plus précise 3 stations de référence qui sont suivies annuellement depuis 1998 sur chaque type de récif : Saziley pour les récifs frangeants, Surprise pour les récifs internes, Passe en S pour les récifs barrières. Ces 3 sites confirment les tendances obtenues avec les suivis globaux précédemment décrits.
Les suivis successifs montrent une faible résistance et capacité de reprise de la station de la passe en S (barrière) aux phénomènes de blanchissement de 1998 et 2010, contrairement aux sites de Surprise (interne) et Saziley (frangeant).

L’étude indique que les résultats pour ces sites «sentinelles» confirment «que les peuplements coralliens du lagon répondent de manière variable aux pressions humaines et naturelles, que globalement, le blanchissement de 2010 a eu moins d’impact que celui de 1998 sur l’ensemble des récifs de l’île et qu’en l’absence de phénomène majeur, la couverture corallienne du récif barrière devrait retrouver un niveau satisfaisant à partir de 2015 si les peuplements coralliens suivent la même dynamique qu’après le blanchissement de 1998.

Parmi les suites à donner, la protection de certains secteurs récifaux, et notamment, les opérations de bouturage et de transplantation de coraux.

Des boutures de coraux

C’est d’ailleurs ce que vient le mettre en pratique l’équipe du Parc Naturel marin en effectuant vendredi dernier des prélèvements de coraux sur le ponton de plaisance de Mamoudzou. En effet, ce ponton a été mis en place par la Chambre de Commerce et d’Industrie de Mayotte (CCI) début 2011. «Malgré une qualité de l’eau médiocre au niveau du port, de nombreux coraux, gorgones, algues et huîtres, se sont développés sur la partie en béton du ponton, alourdissant la flottabilité de ce dernier», indique un communiqué du PNM, qui a effectué un prélèvement avant l’opération de nettoyage prévue par la CCI.

Outre l’acquisition de nouvelles connaissances, cette opération permettra éventuellement de les transplanter, et «d’évaluer le niveau de contamination chimique du port par une analyse des huîtres présentes».

Anne Perzo-Lafond

* Le long de la côte, récifs étroits dont une partie apparaît à la surface
** Barrière extérieure

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