Oiseaux de bonheur

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L’année 2013 est riche en découvertes ornithologiques. Mayotte compte officiellement 6 nouvelles espèces d’oiseaux sur son territoire. De quoi combler les amoureux de la nature comme les spécialistes.

Sternes sur le reposoirIls étaient une vingtaine de volontaires à s’être levés tôt ce dimanche dernier pour se poster dans différents points du littoral de Mayotte. L’aube était magnifique sur le lagon mais ils n’étaient pas venus en profiter. Leur objectif du matin était d’écouter, de regarder et de compter les oiseaux.

«Tous les mois, nous effectuons un comptage le plus exhaustif possible aux mêmes endroits, explique François Jeanne, du GEPOMay, le Groupe d’Etude et de protection des oiseaux de Mayotte. Ces comptages s’intègrent dans l’observatoire des oiseaux côtiers, une opération nationale coordonnée par la Réserve naturelle de France (RNF) qui évalue les populations d’oiseaux sur les côtes françaises.»

130 espèces d’oiseaux

Ces observations ont lieu sur la terre ferme, mais il arrive aussi que les comptages se fassent en bateau, dans des zones inaccessibles depuis la côte comme les mangroves, ou avec un ULM pour réaliser des opérations de photo-comptages.

A Mayotte, compte tenu de la petite taille de l’île, les oiseaux sont présents en nombre. «En 2013, nous avons une liste de 130 espèces différentes. On compte plus d’espèces à Mayotte qu’à La Réunion. Certaines sont très communes, d’autres beaucoup plus rares et certaines n’ont même été observées qu’une seule fois», relève François Jeanne. «Nous avons tous les cas de figure, de l’oiseau isolé jusqu’aux 15.000 sternes ensemble sur un îlot de sable !»

Chose extraordinaire, on a découvert 6 nouvelles espèces cette année : le Coucou Geai, le Faucon Hobereau, la Sarcelle Hottentote, la Rousserole SP et le Labbe à longue queue.

Identifications sur photos

La dernière répertoriée s’appelle l’Océanite frégate, observée il y a à peine un mois. Ces deux dernières espèces doivent leur identification à Yannick de Mayotte Découverte. Pendant les sorties en mer, Yannick prend des photos ou réalise des vidéos et les transmet au GEPOMay qui se charge ensuite de les dépouiller et le cas échéant de faire circuler les clichés pour authentifier les oiseaux capturés en image.

L'îlot de sable blanc recouvert de sternes
L’îlot de sable blanc recouvert de sternes

«On part de zéro, tout est à mettre en œuvre et on sait qu’il y a pas mal de choses à découvrir. En métropole, observer une nouvelle espèce sur le territoire, c’est peine perdue. Ici, on peut considérer qu’on a encore au moins une vingtaine d’espèces à répertorier. Je ne serais pas surpris si dans 10 ans, la liste des oiseaux de Mayotte compte 150 espèces.»

Mayotte a toujours souffert d’un déficit de prospection. Les Naturalistes ont eu, pendant un temps, un groupe spécialement dédié aux oiseaux. Des ornithologues de passage ont également réalisé quelques observations, mais il a fallu attendre février 2010 et la création du GEPOMay pour que de véritables suivis puissent s’installer dans le temps. «Il y a beaucoup d’inconnues sur les espèces à Mayotte. Leur nombre, leur mode de vie… Nous travaillons à réaliser la première base de données qui répertorie tous les oiseaux de Mayotte.»

Mayotte : île carrefour

GEPOMAY SternesNotre île représente un intérêt tout particulier pour l’étude des oiseaux. «Nous sommes au carrefour de deux axes de migrations. L’axe Nord-Sud concerne les oiseaux qui vivent durant l’été dans l’hémisphère Nord, en Europe ou en Asie. Après avoir niché, les conditions de vie devenant plus difficiles avec l’arrivée de l’automne, ils effectuent alors leur voyage post-nuptial vers l’hémisphère Sud.» Certains oiseaux passent ainsi une petite moitié de l’année à Mayotte et peuvent vivre le reste du temps en Scandinavie ou en Mongolie.

«La deuxième migration se fait d’Est en Ouest, avec des oiseaux malgaches qui se rendent sur les côtes est-africaines pour chercher, là encore, de nouvelles ressources alimentaires.»

Mayotte pourrait prochainement être classée en ZICO, Zone importante pour la conservation des oiseaux. Le GEPOMay y travaille en partenariat avec la DEAL et un certain nombre d’experts. En attendant, vous êtes motivés pour participer aux comptages , le GEPOMay est toujours à la recherche de bénévoles*, pour profiter des chants de la nature au lever du soleil.

RR

* Pour participer, contactez le GEPOMay : gepomay@gmail.com

Si vous souhaitez écouter les chants des oiseaux, de Mayotte ou d’ailleurs, cliquez ici.

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