Un Observatoire de l’enfance en danger pour Mayotte

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Un territoire dont la moitié de la population a moins de 17,5 ans

Né de la volonté du conseiller général Jacques-Martial Henry, cet instrument d’orientation des politiques de l’enfance est une première. Il devra dépasser de nombreux obstacles du territoire.

Jacques-Martial Henry en charge de la Santé et du Social au Conseil général
Jacques-Martial Henry en charge de la Santé et du Social au Conseil général

Chargé d’émettre des recommandations en matière de politique publique à l’attention de l’Etat et du département, l’Observatoire National de l’Enfance en Danger (ONED) voit le jour sous la houlette du président de la Commission de la Santé et de l’action sociale. Pour Jacques-Martial Henry, « il est temps que le Conseil général assume pleinement sa compétence, la loi de 2007 l’y oblige ». Et sa compétence, c’est le domaine de l’action sociale, que les autres départements assument à hauteur de 60%, de 80% dans les départements d’Outre mer, quand le Conseil général de Mayotte atteint péniblement les 10%…

Les 5 000 mineurs isolés que connaît Mayotte avaient incité l’Etat à créer l’Observatoire des mineurs isolés. Le chiffre de 500 enfants sans aucun référent avait été publié.

Phénomène régulièrement pointé du doigt notamment par Dominique Baudis, Défenseur des droits, qui en appelle à l’Etat et au Fonds social européen, la prise en charge de cette enfance à la dérive est assumée par les associations.

Peu de miracles immédiats à attendre de cet ONED qui doit livrer un état des lieux à travers des données chiffrées, le recensement des pratiques de prévention et de prise en charge ou le développement d’étude et de recherche. Les partenaires du Conseil général que sont l’Etat, la Protection judiciaire de la jeunesse, le parquet, le Centre hospitalier, l’Education nationale ainsi que les associations représentatives, se réunissent le 2 octobre.

Quels moyens pour les enfants

C’est un premier pas dans un département qui fuit la prise de conscience. Plusieurs élus et de cadres, œuvrant d’ailleurs au service social, refusent d’investir pour des structures susceptibles accueillir une grande partie de population étrangère, et en situation irrégulière… mais se plaignent lorsque la délinquance franchit le pas de leur maison. « Ces gens là n’ont pas leur place au Conseil général ! » assène Jacques-Martial Henry. Mais les appuis sont comptés, et s’il travaille avec Nomane Ousseni, conseiller général de Sada, sur ce dossier, il n’est pas certain qu’il soit suivi par le plus grand nombre.

Les moyens sont humains dans un premier temps, mais il faudra dégager un budget pour le social ensuite. Jacques-Martial Henry envisage de ponctionner 15M€ sur les 20M€ de bourses que le Conseil général verse en complément de la Bourse nationale à ses étudiants. « Il faut implanter des activités extra-scolaires, comme des médiathèques, des bibliothèques ou des musées ».

Agrément des familles d’accueil, Schéma d’action sociale, Schéma régional de santé… nous quittons le conseiller général de Mamoudzou 3 à la fin d’un chapelet de nombreuses actions à mener.
A. P-L.

                                                                     

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